juillet
30
Votre conjoint homme comme femme peut souffrir émotionnellement à partir d’un vécu passif lointain ou très frais : mauvaise humeur, peur, déception, colère, fatigue, tristesse, rancune, susceptibilité, rabaissement, harcèlement moral, blessure suite à des propos, etc.
Mais il faut être lucide, nous ignorons ces douleurs intentionnellement ou non, soit parce que nous ne nous rendons pas compte des maux de notre conjoint, soit parce que nous ne voulons pas l’écouter et nous jouons à l’autruche en se disant que « ça va passer ».
Les plus goujats et égoïstes iront jusqu’à leur demander de cesser de se plaindre plus ou moins poliment car cela les énervent de ne pas pouvoir vivre leur petite vie pépère sans « soucis » autres que les leurs.
Quelques réponses typiques qui causent encore plus de dommages :
« Pourquoi te plains-tu ? Regardes, tu as tout ce qu’il faut ! », oui mais est-ce suffisant ? De plus est-ce
réellement ce qu’il faut à votre conjoint ou simplement à vous dans VOTRE vision des choses ?
« Tu es forte, tu réussira à gérer », rien n’est moins sur, si on demande de l’aide (ouvertement ou non) c’est qu’il y a une raison.
« Reprends-toi bon sang ! », allez continuez comme ça, c’est sur qu’avec ce genre de remarque la discussion va s’ouvrir, c’est même cruel comme réponse.
« Tu es toujours triste, tu n’es jamais contente … ». Ben non, je suis mal mais tu ne le vois pas, on peut pas discuter ensemble ou alors tu n’écoutes pas ce que j’ai à dire et tu fais toujours comme tu en as envie.
Le couple en pâtit alors, il devient distant, l’intimité se perd et les conséquences sont multiples allant parfois jusqu’à la rupture ou la brutalité verbale ou physique.
La douleur émotionnelle est un appel au secours !
Les causes sont multiples et les origines diverses. Mais une chose est sûre, le conjoint qui a mal attend de l’autre un secours, une aide et une compréhension de ce qu’il vit et le ronge.
Malheureusement tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait. On n’ose pas parler car on a peur de la réaction ou de la non-réaction de l’autre. On nous a appris à « gérer seul » tous ses problèmes sans devoir dépendre d’autrui, même de son mari ou de sa femme.
Mais à moins de n’avoir aucun sentiment et émotion, au bout d’un moment il y a toujours une goutte d’eau qui fait déborder le vase. La douleur explose soit intérieurement pouvant provoquer jusqu’à des dépressions, soit extérieurement et c’est l’entourage qui prend.
Ces personnes malheureuses se trouvent incomprises et ce sentiment s’associe à d’autres comme la colère, la rancune, l’indifférence ou l’injustice parce que personne ne les aide (ou en ont l’impression).
Comment aider ?
Il faut prendre le temps d’écouter le conjoint qui a mal, mais au-delà, c’est de comprendre les causes de cette blessure et d’agir pour que l’autre se sente mieux. Et non simplement tenter de gérer les conséquences comme dans le cas suivant :
« Tu n’as pas le moral, allez on va au resto ! », mais ce n’est pas la solution car au resto la personne malheureuse le sera encore et là le conjoint ne tentera pas de comprendre plus que cela. Il lui en voudra de sa compagnie médiocre et du resto gâché, renforçant encore plus le besoin de réconfort que l’autre attendait.
Il n’y a pas 36 solutions, dans un couple il faut savoir et pouvoir compter sur l’autre dans les moments difficiles. Certaines personnes sont plus fragiles que d’autres et demandent plus, il faut savoir s’adapter et s’ajuster, écouter, comprendre, agir et donner de soi. C’est dur, parfois même très dur car on a aussi notre jardin secret et certains soucis. Mais pour pouvoir recevoir de l’aide pour l’entretenir, il faut savoir donner aussi.
Prenez le temps et donnez confiance. Un dîner aux chandelles est une preuve d’amour mais ce n’est sûrement pas le moment de s’y épancher. Soyez au calme, soyez attentif, veillez à ne pas être dérangé, distrait ou prêt à vous mettre en colère. Ce que ressent l’autre est peut-être dû à votre comportement, mais peut-être pas non plus. Prenez sur vous, ce n’est pas un règlement de comptes mais de l’aide et du réconfort que vous lui portez.
Réitérez souvent ces moments si votre conjoint en a besoin, car le faire une fois de l’an en soupirant donnera plutôt une impression de pitié plus qu’autre chose.